Thèmes des 11èmes Rencontres Franco-Roumaines en Méditerranée

Arts plastiques

Adina POPESCU

Adina POPESCU pratique l’art du patchwork depuis maintenant plus de dix ans. Elle a reçu un diplôme en Allemagne attestant de ses qualités et participe chaque année à des expositions en Roumanie et en Allemagne. En 2001, elle a exposé en France, au Val d’argent.
"Je suis heureuse de rencontrer des gens qui partagent la même passion, de découvrir de nouvelles techniques, de nouveaux tissus. Cette année, j’ai décidé de récupérer 
desbouts de vêtements, des étoffes décoratives traditionnelles 
roumaines, des broderies, et de réaliser des quilts avec. J’ai hérité 
de ma mère de nombreux objets travaillés à la main par elle-même. 
En Roumanie, il y a beaucoup de régions encore riches de ces traditions. J’ai pensé pouvoir 
prolonger la vie de ces réalisations traditionnelles sous une autre forme, le 
patchwork. En Allemagne, c’est 
Maria BORNIKOEL, une célèbre 
réalisatrice de quilts, qui a été une révélation extraordinaire pour moi. Après la formation que j’ai eue en Allemagne, j’ai voulu faire connaître davantage l’art du patchwork en Roumanie, par des publications, des émissions à la télévision. "

A Sète, au Relais 40 Set’, l’atelier du patchwork, animé par Madame Jacqueline NAVAL, existe depuis huit ans, avec des personnes débutantes et des personnes expérimentées. Cette année, au programme figurent les réalisations suivantes : Convergence d’harmonie – ondulations – sapin de Noël en carrés – trapunto – coussin et tapis d’éveil en puff – travail en appliqué et un travail collectif : madras de la Martinique d’après Kaffe Fassett. 

Le saviez vous ? 

Si depuis quelques années des artistes roumains s’expriment et connaissent le succès dans l’art du patchwork, c’est une belle et longue tradition que celle des arts textiles en Roumanie. En témoignent les nombreuses collections de tapis d’art et/ou d’inspiration populaire, de broderies…et la célèbre « blouse roumaine ». Cf. à Bucarest, le Musée du Paysan Roumain et à Suceava, l’Auberge Princière. Mais que connaissez-vous de la frivolité ? Car la frivolité fut et est encore un art de la dentelle qui se pratique à l’aiguille ou avec des navettes. L’une des spécialistes de cet art fut la reine Elisabeta (1843-1916) femme du roi Carol I de Roumanie. Poétesse, mécène, sous le nom de Carmen Sylva, elle signa en 1910 l’introduction d’un ouvrage entièrement consacré à la frivolité et ses techniques. 

Luiza MOGOSANU

Née en 29, février, 1980, à Craiova, Roumanie. 
Contact 
e-mail luiseta@yahoo.com; luizeta@hotmail.com 
téléphone 0040 0741 155 808

Expositions personnelles 

  • 2002 « Autoportret» Galerie Art Café, Sibiu, Roumanie 
  • 2004 «Dreamax» Heliumcowboy Gallery, Hamburg, Allemagne 
  • 2005 «Autoportret no.2» Musée Municipal, Medias, Roumanie

Expositions collectives 

  • 2000 Le Salon d’Automne des Artistes Plasticiens, Brasov, Roumanie
  • 2001 Le Musée Ethnographique, Cluj-Napoca, Roumanie 
  • 2002 Galerie Art Café, Sibiu, Roumanie 
  • 2004 l’exposition de l’Université d’Art et Design, Cluj-Napoca, Roumanie 
  • 2005 «Me and Myself» Galerie Art Café, Sibiu, Roumanie 2006 «Audience» Musée de l’Art Satu-Mare, Roumanie exposition de dessins de Luiza Mogosanu au Lieu Noir à Sète Cycle de dessins

Luiza Mogosanu fiche technique : 

  • dessins en technique mixte : encre de Chine, charbon, gouache, eyeliner, rouge à lèvres, sur différent textures de toiles et papiers. 
  • dimensions : A3 ; A4 
  • nom de la série : « Fairy Tale to Vincent » 

“Fairy Tale to Vincent” est un conte de fée sur la ligne. La ligne qui cache milliers de couleurs, ombres, rues connues et terres étrangères, parfums vagues de l’enfance, figures aimées et phrases familières. La ligne qui court légèrement en riants joyaux pour en confesser les peurs, la ligne qui se confie de tout coeur dans les compromissions d’aujourd’hui, la ligne amoureuse du lendemain, la ligne rouge, la ligne blanche, la ligne noire, la ligne «mot», la ligne «mémoire», la ligne «désir» et la ligne «songe». La ligne créée et conduite seulement par la force des émotions – la ligne qui imprime chaque moment, spontanée, l’état de l’âme. La ligne «sang». Je suis ma ligne. Et je n’ai pas peur de communiquer moi. Je cherche la beauté par mon dessin, et la beauté c’est la vie, avec sa fascinante complexité et diversité, avec ses cotés silencieux, avec ses cris, avec ses figures uniques et tellement belles, avec ses enfants toujours mes amis, avec son vent qui sait parler toutes les langues de la terre, avec des femmes nées anges, avec du soleil, du ciel bleu, des maisons, les toits rouges, des mers immenses et des forêts. Ce cycle de dessins est un hommage à l’amour. 

Littérature

Les écrivains Dan LUNGU et Cecilia STEFANESCU le mercredi 11 octobre, à la Médiathèque François-Mitterrand à 16h et le samedi 14 octobre, au Lieu Noir, à 14h

Dan LUNGU

Né à Botosani en 1969, il est actuellement maître de conférence à la chaire de sociologie de l’Université Al.I.Cuza de Iasi. C’est dans cette capitale historique de la Moldavie qu’ il fonde en 1996 le groupe littéraire Club 8.

Ses pièces Cu cutitul la os (Ras le bol) et Nunta la parter (Les Noces au rez-de-chaussée) ont été jouées en 2002 et 2003 au Théâtre Odéon de Bucarest et au Luni Bucarest.

Après avoir emporté à Lille, en 2003, le premier prix du concours « Rue des poètes », il est invité à nouveau en France l’an dernier pour l’opération « Les Belles Etrangères » ; la revue littéraire « Lire » lui rendait hommage en ces termes :


(…) Dan Lungu est l’un des premiers écrivains roumains de la nouvelle génération à parvenir jusqu’à nous. Sous-titré « Faux roman de rumeurs et de mystères », son Paradis des poules est à découvrir de toute urgence. Ce premier roman en dit long sur la Roumanie d’hier et d’aujourd’hui. Bienvenue rue des Acacias, dans une banlieue provinciale où personne ne se serait permis de sonner à la porte du Colonel « sans une bonne raison, sans avoir quelque chose de grave et d’urgent à dire, et pas uniquement pour rapporter une histoire, aussi sensationnelle ou amusante fût-elle »…

Dan Lungu a publié plusieurs recueils de poèmes et de nouvelles et reçu de nombreux prix en Roumanie. Son premier roman Raiul Gàinilor, traduit en français par Laure Hinckel sous le titre : Le paradis des poules, est paru chez l’éditrice nîmoise Jacqueline Chambon.

… Lorsque le jardin de Relu Covalciuc se trouve envahi de montagnes de vers de terre, Pépé Hrib, Minu et leurs compères trouvent LA solution : les exporter en Occident contre des sacs de dollars. Ces retraités gouailleurs dérident les plus mélancoliques ; hâbleurs, fanfarons et un tantinet affabulateurs, maris bavards, ils ont l’œil qui frise, la descente rapide et sont capables de beaucoup de mauvaise foi…

Cecilia STEFANESCU

Cecilia STEFANESCU est une jeune romancière qui a obtenu un master en théorie de la littérature et littérature comparée à l’Université de Bucarest. Après de nombreux articles parus dans des revues littéraires, en 2002 elle publie son premier roman Legaturi bolnavicioase (traduit en français par Laure Hinckel sous le titre : Liaisons morbides, paru chez Phébus et présenté en France l’an dernier dans le cadre de l’opération « Les Belles Etrangères »)

Ce roman a d’abord dérangé quelque peu Bucarest, mais a trouvé très vite le succès, apprécié à la fois par la critique et par un large public.

…La narratrice –elle n’a pas de nom, mais du tempérament à revendre – quitte sa province en compagnie de la belle Alex, une camarade de lycée dont elle a fait son « amie » de cœur et s’en va filer le parfait amour – parfait, c'est-à-dire pervers aux yeux des bien-pensants qui partout et toujours sont en nombre…

Cecilia Stefanescu est aussi scénariste. Sous le même titre, Legaturi bolnavicioase vient de connaître une adaptation à l’écran sous la direction de Tudor Giurgiu, film présenté au dernier Festival de Berlin.

Cecilia Stefanescu est également la traductrice, du français en roumain, de L’auberge des pauvres de Tahar Ben Jelloun et de La petite marchande de prose de Daniel Pennac.

Musique 

Oana SEVERIN 

Jeune soprano qui a obtenu de nombreux prix en Roumanie. Elle s’est produite dans plusieurs autres pays européens et tout récemment au Koweit.

Artiste aux multiples talents, Oana SEVERIN nous propose un programme composé de différents airs du répertoire classique, mais aussi de morceaux de jazz ainsi que de musique populaire roumaine. Elle nous fera découvrir également ses talents de violoniste, accompagnée à la guitare classique par Marinel Roman.

Jeudi 12 octobre, à 20h30, au Conservatoire Municipal de Musique de SETE

Théatre

Gianina CARBUNARIU


. I. Entretien avec Gianina Carbunariu, enregistré pour la 6e édition du festival « Regards Croisés » organisé par le collectif Troisième Bureau de la MC2 de Grenoble 

"Le monde est peut-être foutu, mais la vie est intacte"

→ Quelle est la situation du théâtre contemporain en Roumanie ? Comment te situes-tu comme auteur dramatique ?

En Roumanie, on a plutôt des théâtres institutionnels et peu d’indépendants. Les théâtres institutionnels ne prennent pas le risque de faire jouer les textes de jeunes auteurs, ils préfèrent les classiques. Cependant, je pense que ce n’est pas une bonne stratégie : un nouveau public, plus jeune, veut entendre parler de son quotidien et de ses préoccupations. Quant aux théâtres indépendants, par manque de moyens, ils ne peuvent non plus prendre le risque d’inviter les jeunes auteurs. La nouvelle génération d’auteurs dramatiques est obligée de se débrouiller seule pour se faire connaître. J’ai débuté dans un théâtre institutionnel, puis j’ai écrit un scénario pour mes comédiens : Stop the tempo ! J’ai entièrement autoproduit ce spectacle, financé la mise en scène et la scénographie. Les premières représentations ont eu lieu dans un café alternatif qui ne rémunérait que les comédiens, payés à la représentation. Le spectacle a eu du succès par sa jeunesse. La pièce a été alors invitée à la « Biennale New Plays from Europe, Wiesbaden » puis elle a été jouée dans deux festivals en Pologne. L’engouement pour ce spectacle nous a motivés à continuer, il y a une réelle demande du public en Roumanie. Ce succès est aussi dû à une question de langage. En Roumanie subsiste la tradition de l’écriture parabolique, très éloignée de la réalité. Dans Stop the tempo !, le langage est brut. Au départ, c’est un texte d’urgence, une performance, ce n’est pas à proprement dit un texte dramatique. Cela a été une autre façon d’exercer la liberté d’expression. En Roumanie, nous avons bien sûr le droit de nous exprimer, mais on s’autocensure en parlant de tout sauf de la réalité.

→ Quel regard critique portes-tu sur la révolte, la jeunesse.... ?

Après la révolution, tout a changé très vite, les gens n’ont plus le temps de penser à leur identité, qui sommes-nous, en tant qu’individus ? Par ailleurs, la démocratie en Roumanie est une démocratie à la roumaine, vouée au capitalisme sauvage. Dans Mady-baby.edu, Bogdan qui vient de terminer ses études décide de partir en Irlande. Partir en Europe occidentale est une chose courante pour les jeunes Roumains. La moitié des gens que je connaissais au lycée est partie effectivement, les études terminées. Il n’y avait pour eux aucune opportunité d’emploi en Roumanie il leur était nécessaire de partir. Dans cette pièce, je fais à la fois la critique de la Roumanie qui n’offre aucune chance, et qui pousse à des choix terribles, tu dois avoir de l’argent et payer, tu dois abandonner tes rêves ou partir. En ce sens, mes deux pièces, Stop the tempo ! et Mady-baby.edu. se font écho.

Entretien réalisé par Tamara Chatenay-Rivauday, Géraldine Doat, Leslie Humblot, Ingrid Mansier - Mots Croisés

Vendredi 13 octobre, à 21h, au Lieu Noir SETE

Lecture par des comédiens du Théâtre des 13 Vents de Montpellier de la pièce de Gianina Carbunariu : « Mady-baby.edu » : Roxane BORGNA, Fouad DEKKICHE sous la direction du metteur en scène Renaud-Marie LEBLANC. 

Cinema

Le jeune cinéma roumain au Comoedia de SETE 

 « La mort de Dante Lazarescu »

Monsieur Lazarescu, 63 ans, vit dans un appartement avec ses trois chats. Un samedi soir, ce dernier ne se sent pas bien. Jusqu’à l’arrivée de l’ambulance, il essaye d’apaiser son mal avec les médicaments qu’il a sous la main. Puisqu’il n’a plus de pilules, il appelle ses voisins en aide. Sandu et Miki, les voisins interrompus dans leur activité domestique, se portent à son secours. 

Ce qui semblait être un mal de tête, causé par l’abus d’alcool, s’avère être une infection plus sérieuse quand M.Lazarescu vomit du sang. Finalement, l’assistante médicale de l’ambulance arrive. Sentant l’haleine alcoolique du patient, elle lui administre des vitamines et du glucose mais, après une investigation plus sérieuse, elle décide de l’emmener à l’hôpital suspectant une tumeur au côlon. A l’hôpital, les choses se compliquent… 

MERCREDI 11 OCTOBRE, à 19h30, projection suivie d’un échange avec l’acteur principal du film Ion FISCUTEANU. 

 « Transylvania »

Avec Tony Gatlif, c’est le cinéma franco-roumain qui est à l’honneur. Son dernier film « Transylvania » sort en France dans de nombreuses salles début octobre. Zingara n’est pas tsigane. C’est une jeune femme rebelle. Elle part avec son amie Marie en Transylvanie pour retrouver l’homme qu’elle aime. Marie ne lâche jamais Zingarina, car elle sait qu’elle est capable de tout. Imaginez tout ce que vous voulez, Zingarina l’a fait. 

C’est à la grande fête d’Hérode, cérémonie surréaliste païenne, que Zingarina retrouve l’homme qu’elle aime. Dans la folie, dans le bruit, dans la musique, dans l’ivresse de la fête, elle apprend qu’elle est seule au monde, encore une fois sans amour, maintenant sans repère, sans attache. Elle se sépare de son amie Marie, du poids du passé, pour renaître plus loin avec un autre homme, Tchangalo, un personnage énigmatique, un homme seul, libre, sans frontières, sans maison, parlant plusieurs langues avec un accent. 

SAMEDI 14 OCTOBRE, à 17h 

 « Comment j’ai fêté la fin du monde »

Bucarest, 1989 – dernière année de la dictature de Ceausescu. Eva, 17 ans, vit chez ses parents avec son frère de 7 ans, Lalalilu. Eva est très belle. Amoureuse pour la première fois, elle découvre les tiraillements de l’adolescence et la complexité de la vie adulte. Eva a un rêve secret que seul son frère connaît : fuir la Roumanie et voyager à travers le monde. Lalalilu est désespéré à l’idée que sa sœur pourrait le quitter. Avec ses deux meilleurs amis, Tarzan et Silvica, il manigance un plan pour tuer le dictateur, afin qu’Eva puisse rester et vivre dans un pays libre. 

SAMEDI 14 OCTOBRE, à 21h, projection suivie d’un échange avec le réalisateur Catalin MITULESCU